Discours et allocutions de l`Ambassadeur
Allocution de l'Ambassadeur de Russie en Suisse lors de la réunion annuelle de la Chambre de commerce réunie Suisse-Russie/les pays de la CEI (JCC), le 7 juin 2017
Monsieur le président Pawlicek
et les membres de la Chambre de commerce réunie,
Mesdames et Messieurs,
Aujourd'hui, les milieux d’affaires et « la diplomatie des affaires » jouent un rôle primordial dans le maintien de la confiance et de la compréhension mutuelle entre nos pays et entre nos peuples. Nous savons que nos partenaires suisses, y compris ceux de la Chambre de commerce réunie, s’efforcent de développer une coopération fluide avec la Russie et les entrepreneurs russes. Nous apprécions et partageons cette approche.
Nous sommes prêts à coopérer avec tous ceux qui s'y intéressent, tant en Europe qu’en Asie. Cela concerne le domaine économique, commercial, bancaire ou tout autre secteur. Nous sommes ouverts à une collaboration avec tous ceux qui sont prêts à travailler honnêtement, à respecter nos valeurs et nos traditions, tout en préservant l'équilibre des intérêts entre les différentes parties.
La Russie est déterminée à apporter son soutien à la création d’espaces économiques suffisamment ouverts et qui s’appuieraient sur les principes de l'OMC sans détruire le système du commerce mondial via la promotion de projets régionaux de type fermé comme les accords de partenariat transpacifique (PTP) et transatlantique (PTCI).
Nous avons proposé depuis longtemps de mettre en place des discussions entre l’Union Economique Eurasiatique (UEEA) et l'UE. Les modalités de mise en place des synergies entre ces deux unions ont été discutées par le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker dans le cadre du XXe Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin 2016. La partie russe a remis à la Commission Européenne ses propositions allant dans ce sens.
Nous n'excluons pas une possibilité de créer une zone de libre-échange entre l’UEEA, dont fait partie de la Russie, et de l'AELE, dont fait partie la Suisse. Onze séries de négociations entre l'AELE et l’Union Douanière à l’époque, ont eu lieu entre 2011et 2014. La dernière table ronde s’est tenue à 2014 à Astana. Ces discussions ont été suspendues suite à la mise en place des restrictions par l’Union Européenne, mais cela ne veut pas dire que ce processus soit terminé. Tous les participants pourraient tirer profit de cet accord.
La Suisse n'a pas rejoint le processus instaurant des sanctions à l’encontre de la Russie. La Suisse a uniquement adopté des mesures pour empêcher le contournement de ces sanctions par son territoire. Cette décision a fait preuve d'une approche pragmatique qui aujourd'hui représente une « fenêtre d'opportunités » pour les entrepreneurs qui souhaitent venir dans notre pays. La Russie actuelle est un marché tourné vers l'avenir, dynamique, et très important puisqu’il représente 147 millions de consommateurs. Les conditions de travail sur ce marché ne cessent de s’améliorer chaque année. Dans le classement « Doing Business – 2017 » publié par la Banque Mondiale et la Société Financière Internationale, la Russie se situe à la 40e place, après avoir occupé la 120e place en 2012. Notre objectif est d’entrer prochainement dans le TOP-20 de ce classement.
Le Président Vladimir Poutine a fixé l’objectif d’améliorer le climat en matière d’investissement dans notre pays. Il s’agit d’un travail important et sérieux qui s’effectue au niveau fédéral et régional. Le gouvernement s'efforce de créer les conditions plus favorables pour les entrepreneurs. Les régions, pour leur part, se battent pour attirer des investissements étrangers et pour mener activement une « politique de bienvenue pour les investisseurs ».
Afin de maintenir la stabilité du système financier et bancaire national, la Banque de Russie continue son contrôle sur les activités des banques commerciales russes. Celles qui commettent de graves violations de la loi dans le domaine bancaire, se voient privées de leurs licences. Au 1e avril 2017, la Russie comptait 558 banques commerciales. En l’espace d’une seule année, l’année 2016, le système bancaire du pays a diminué de 106 banques (il y 12 ans, 1300 banques opéraient en Russie). La Banque Centrale vise à renforcer la discipline dans ce secteur et à rendre les banques russes plus transparentes, à faire en sorte que ces banques respectent leur obligation d’augmenter la part de fonds propres dans le capital. En 2017 la carte d’un système de paiement national MIR a été lancée
La lutte contre la corruption a été renforcée au niveau de l’Etat mais aussi dans les régions.
En ce qui concerne les relations russo-suisses en général et la coopération économique et commerciale en particulier, on peut dire qu’au cours de ces dernières années elles se sont constamment développées, en dépit du climat politique délicat. Nous percevons des signaux positifs de la part de nos partenaires quant à leur intention d’instaurer à nouveau une coopération avec la Russie.
Mme Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, le Secrétaire d'Etat à l'économie, s’est rendue pour une visite de travail à Moscou et à Saint-Pétersbourg en novembre 2016. M. Jürg Stahl, le Président de Conseil National de l’Assemblée Fédéral, a visité Moscou et Saint-Pétersbourg du 15 au 18 mai 2017 pour une série des rencontres avec des autorités russes. Le 30 mai 2017 à Moscou a eu lieu la XVIIIe session de la Commission intergouvernementale mixte sur le commerce et la coopération économique. Le Forum mondial de Davos (avec quelque 60 importantes sociétés russes parmi ses participants en 2017) et le Forum économique international de Saint-Pétersbourg sont utilisés pour un dialogue substantiel entre nos deux pays. Par ailleurs, du 1e au 3 juin 2017, en marge du Forum de Saint-Pétersbourg, a été organisée une table ronde avec la participation des hommes d’affaires et des autorités russes et suisse.
Plus de 600 sociétés suisses travaillent avec succès sur le marché russe, leur effectif cumulé s’élève à près de 60 000 employés. Un nombre important de grands consortiums (ABB, LafargeHolcim, Nestlé, Novartis et d'autres) ont investi plus de USD 10 milliards dans la construction et le développement de leurs unités de production en Russie. Les dirigeants de ces sociétés font partie du Conseil consultatif sur les investissements étrangers dirigé par le premier-ministre russe Dimitri Medvedev. Ils ont l'intention de continuer à travailler au sein de cet organisme.
42 000 emplois ont été créés en Suisse par des entreprises avec du capital russe. Les filiales de banques russes et autres organismes de ce type établis en Suisse tels que Sberbank (Switzerland) AG, Gazprombank (Switzerland) Ltd., la représentation de Vnesheconombank jouent un rôle important dans la mise en place de flux d’investissement. Ces établissements sont dotés de capacités suffisantes pour la mise en œuvre conjointement avec des partenaires suisses de projets dans le domaine des infrastructures ou des innovations ainsi que des programmes de la substitution des importations en Russie.
Au début de l'année 2016, le volume cumulé des investissements russes dans l'économie suisse s’élevait à USD 12,34 milliards (dont USD 7,85 d’investissements directs), tandis que le volume cumulé des investissements suisses dans l'économie russe s’élevait à USD 8,6 milliards (dont USD 5,7 d’investissements directs).
Malgré la force du franc suisse et de la faiblesse du rouble, le commerce entre nos pays se porte bien dans son ensemble. Selon les données du Service fédéral des douanes (FTS), le chiffre d'affaires du commerce bilatéral des marchandises s’est stabilisé en 2016 pour arriver à USD 5,05 milliards, ce qui représente une augmentation de 10,1% par rapport à l’année 2015 qui avait atteint un chiffre d’affaires de USD 4,6 milliards.
D’après les statistiques de la Banque Centrale de Russie, le chiffre d'affaires du commerce avec la Suisse dans le domaine des services en 2016 a augmenté par rapport à 2015 de 0,5% pour atteindre USD 5,74 milliards.
Les experts estiment qu’en 2017 on peut également espérer une légère croissance du chiffre d’affaires du commerce bilatéral des marchandises et des services.
Comme on le sait, la Russie et la Suisse ont adhéré au nouveau standard unifié, automatique et spontané dans l'échange d'informations établi par l’OCDE et ceci dans un but fiscal. En décembre 2016 à Berne, des consultations bilatérales consacrées à ce sujet ont eu lieu à l'initiative de la Suisse avec la participation des représentants du Service fiscal fédéral (FNS) et le Département fédéral des finances de la Confédération (DFF). En mars 2017, à Baden-Baden, en Allemagne, le ministre des finances de la Fédération de Russie Anton Silouanov s’est entretenu avec son homologue suisse Ueli Maurer en marge de la réunion des ministres des finances du G20. A l’issu de cette rencontre, les media ont été informés que les deux parties souhaitent conclure un accord sur le sujet.
Malgré la conjoncture actuelle et les difficultés économiques, il est évident que le marché russe sera toujours attractif pour l'économie suisse qui se veut orientée vers l’export. Nous considérons que la Suisse aura de bonnes perspectives en investissant en Russie dans de nouveaux sites de production innovants et en coopérant avec la Russie dans le domaine des hautes technologies, de l’énergie, des technologies médicales, de la pharmaceutique, de la construction des machines, de l’industrie de transformation, de la chimie, de l'industrie agroalimentaire, et de la valorisation des déchets.
Nous sommes également intéressés d’échanger avec la Suisse sur son expérience dans la création et la gestion des petites et moyennes entreprises.
Je vous remercie de l'attention.

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